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Une des maladies les plus nommées |
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Tantôt la peur ou l’effroi tantôt un descriptif physique ou une croyance
Un des premiers actes, quand un enfant naît, est de le nommer. Ceci est également vrai quand un scientifique découvre une molécule ou phénomène nouveau par exemple ou quand une personne achète un animal domestique.
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La Maladie aux milliers de noms |
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Désir de pouvoir
Dans le passé, le fait de nommer une maladie était très important, car non seulement cela marquait l’intérêt porté par la société toute entière, mais cela exprimait aussi la volonté de manifester un certain pouvoir sur la maladie et donc une sorte de début de thérapie collective.
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Nommer une maladie c’est commencer à s’armer contre elle |
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Ne pas pouvoir nommer la maladie, rapporte le Musée allemand de l’épilepsie, c’était être désarmé face au phénomène (‘namemloses Elend’, qui signifie ‘maladie sans nom’).”
De la maladie de la lune au Châtiment du Christ, via la maladie démoniaque
La même source précise différents noms anciens
tels que “Mondkrankheit” (maladie de la lune, provoquée par les cycles de la lune) ou encore “Dämonisches Leiden” (maladie démoniaque, fruit des mauvais esprits) mais aussi “Zuchtrute Christi” (le châtiment du Christ) qui traduisent des représentations que les peuples ont pu se faire de l’épilepsie, dans le passé.
Epilepsie en hiéroglyphes de l'Egypte ancienne
A voir également sur le site du même musée, le décryptage de magnifiques hiéroglyphes composant le mot “nesejet” par lequel l’Egypte ancienne nommait l’épilepsie. |
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L'Afrique et les noms de l'épilepsie |
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De la très intéressante étude "Epilepsie, langue et culture en Afrique," de Boh Souleymane Kourouma, Christian Houegbe (Internes en Psychiatrie), Baba Fall (Praticien Hospitalier), Pierre-Alexandre Faye et Katy Sene M’Baye (Médecins Assistants), nous relevons les exemples suivants :
Au Bénin
L’ethnie Fon nomme l’épilepsie “adingbe”, ce qui renvoie à l’ailleurs, la mort ici vue comme l’Ailleurs absolu, l’au-delà.
La personne souffrant de l'épilepsie est perçue comme un être détenteur de la mort par adingbé ("adingbékuto").
Au Burkina Faso
En langue Mossi, “kissenkiri, balouga”, la maladie qui fait s’évanouir, qui terrasse l’homme.
En Dioula “kirikiri mashen” renvoie aux phénomènes tonico-cloniques que l’on peut observer au cours d’une crise d’épilepsie généralisée.
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Bien connaître les représentations locales |
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Nous ne prétendons pas avoir fait un tour complet du sujet, car il y a plus de 10.000 ethnies et autant de langues dans la seule zone de l'Afrique en dessous du Sahara et chaque communauté désigne l'épilepsie à sa façon.
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